Quelle thérapie choisir pour guérir les traumatismes d’enfance ?

Quelle thérapie choisir pour guérir les traumatismes d'enfance ?

Bienvenue sur Chemins de vies ! Je suis ravie de vous accueillir dans cet espace pour se reconstruire après un traumatisme. Pour vous remercier de votre visite, je vous offre le journal de reconstruction

Quand on commence à chercher de l’aide pour guérir de traumatismes d’enfance, on se retrouve souvent face à une liste de sigles et de noms qui peuvent sembler intimidants. EMDR. IFS. TCC. Somatic Experiencing. Thérapie centrée trauma. On ne sait pas par où commencer, on ne sait pas ce qui nous correspond, on ne sait pas vers quoi se tourner. Et parfois, si on a déjà essayé une approche qui n’a pas fonctionné, on se demande s’il existe vraiment quelque chose qui pourra aider.

Je veux vous proposer ici une carte du territoire. Pas une liste froide et technique, mais une présentation douce et honnête des principales approches thérapeutiques reconnues pour accompagner la guérison des traumatismes d’enfance. Avec ce qu’elles proposent, ce qu’elles permettent, et comment elles peuvent s’articuler entre elles.

Parce que vous méritez de trouver le chemin qui vous correspond.

Avant de commencer : quelques mots importants

Dans les articles de mon blog, je vous parle déjà en détail de plusieurs approches que j’ai moi-même explorées et qui m’ont accompagnée dans mon propre chemin de reconstruction. Je vous en ai regroupés quelques-uns à la fin de ce chapitre, mais je vous conseille d’aller faire un tour sur la page de mes articles, peut-être que l’un d’entre eux vous attirera plus qu’un autre.

Cet article vient compléter ce panorama en abordant trois autres approches majeures :

🪻 l’EMDR,

🪻 les thérapies cognitivo-comportementales centrées trauma,

🪻 et les thérapies corporelles et somatiques.

Trois chemins différents, qui s’adressent à des aspects différents du traumatisme, et qui peuvent, souvent, se combiner avec beaucoup de pertinence.

Ce que je veux dire d’entrée de jeu, aussi : il n’existe pas d’approche universellement supérieure aux autres. Ce qui compte, c’est la rencontre entre une personne, son histoire, ses besoins du moment et un accompagnement qui lui correspond. Ce guide est là pour vous aider à vous orienter, pas pour vous prescrire une direction.

L'EMDR : aider le cerveau à digérer le trauma qu'il n'a pas pu intégrer

L’EMDR, ou Eye Movement Desensitization and Reprocessing, soit désensibilisation et retraitement par les mouvements oculaires, est probablement l’approche la plus connue dans le traitement des traumatismes. Elle est recommandée en première intention pour le PTSD par de nombreuses autorités de santé dans le monde, au même titre que les thérapies cognitives centrées trauma.

Mais en quoi consiste-t-elle concrètement, et pourquoi fonctionne-t-elle ?

L'EMDR : aider le cerveau à digérer le trauma qu'il n'a pas pu intégrer

Comme je l’explique dans l’article Pourquoi mon traumatisme refait surface après tant d’années, une mémoire traumatique n’est pas une mémoire ordinaire. Elle reste « brute », des fragments sensoriels non intégrés, sans contexte temporel clair, parce que lors du traumatisme, les mécanismes normaux de traitement de l’information se sont déréglés. Le souvenir est resté bloqué, incapable d’être rangé dans le passé.

L’EMDR vise précisément à débloquer ce processus. En séance, le thérapeute guide la personne dans la reviviscence mentale du souvenir douloureux. Mais, à une dose contrôlée et dans un cadre sécurisant, tout en effectuant des stimulations bilatérales alternées : mouvements oculaires de gauche à droite, ou sons, ou tapotements alternés sur les genoux. Ces stimulations bilatérales semblent activer les mécanismes naturels de traitement du cerveau, similaires à ce qui se passe pendant le sommeil paradoxal. Cette phase du sommeil où le cerveau trie, retraite et intègre les expériences de la journée.

Au fil des séances, l’intensité émotionnelle associée au souvenir traumatique diminue. La personne conserve la mémoire de ce qui s’est passé, l’EMDR n’efface rien, mais ce souvenir ne provoque plus la même détresse. Il est enfin rangé dans le passé, là où il appartient.

Pour les traumatismes uniques, comme une agression, un accident ou un événement brutal, l’EMDR peut produire des résultats significatifs en relativement peu de séances. Pour les traumatismes complexes d’enfance, répétés sur de longues périodes, le processus est généralement plus long et s’intègre dans un travail thérapeutique plus global. Mais les résultats, pour beaucoup de personnes, sont profonds et durables.

Les thérapies cognitivo-comportementales centrées trauma : travailler les pensées et les comportements hérités du passé

Les TCC, ou thérapies cognitivo-comportementales, sont parmi les approches les plus étudiées en psychologie clinique. Leurs versions adaptées aux traumatismes, souvent désignées sous le terme de TCC centrées trauma ou TF-CBT (Trauma-Focused Cognitive Behavioral Therapy), constituent avec l’EMDR la pierre angulaire des recommandations internationales pour le traitement du PTSD.

Leur point de départ est une observation simple mais importante : le traumatisme d’enfance ne laisse pas seulement des souvenirs douloureux. Il laisse aussi des croyances profondément ancrées sur soi-même, sur les autres et sur le monde. Des croyances qui sont devenues automatiques, invisibles, et qui continuent de gouverner la façon de se voir et de se comporter à l’âge adulte.

Je n’ai aucune valeur. Je mérite ce qui m’est arrivé. Le monde est fondamentalement dangereux. On ne peut faire confiance à personne. Si je montre ma vraie nature, on me rejettera.

Ces croyances ne sont pas des vérités. Ce sont des conclusions que l’enfant a tirées dans un contexte où elles avaient une fonction de survie. Je les explore en profondeur dans la série sur les blessures émotionnelles de l’enfance

Le travail en TCC centrée trauma

Le travail en TCC centrée trauma

Ces approches comportent deux volets complémentaires.

Le volet cognitif consiste à identifier ces automatismes de pensée, souvent si bien intégrés qu’on ne les remarque même plus, et à les examiner avec le thérapeute. Pas pour les nier ou les effacer par la force, mais pour les questionner : d’où vient cette croyance ? À quoi servait-elle à l’époque ? Est-elle encore vraie aujourd’hui ? Progressivement, une restructuration cognitive peut s’opérer. Non pas par décision volontaire, mais par une compréhension plus nuancée de soi-même et de son histoire.

Le volet comportemental s’intéresse aux réflexes de survie développés dans l’enfance, tels que l’évitement, la fuite, l’isolement ou le contrôle, qui continuent de limiter la vie à l’âge adulte. Par des exercices progressifs et sécurisants, la personne apprend à s’exposer doucement à ce qu’elle évitait, à rester présente dans les situations qui déclenchaient une réponse de peur, et à développer de nouveaux comportements plus adaptés à la réalité du présent.

Les TCC centrées trauma offrent aussi des outils concrets pour le quotidien : techniques de régulation émotionnelle, exercices de relaxation, façons de répondre aux pensées intrusives. Elles sont particulièrement utiles pour les personnes qui ont besoin d’un cadre structuré, d’étapes claires, et d’exercices pratiques qu’elles peuvent travailler en dehors des séances.

Les thérapies corporelles et somatiques : soigner ce que le corps a gardé

Il y a quelque chose que les approches strictement « cognitives » ne peuvent pas toujours atteindre seules. Quelque chose qui vit plus profondément que les pensées. Dans le corps. Bessel van der Kolk, le pionner de la guérison du traumatisme, l’a formulé avec une clarté que je trouve précieuse : le corps garde les traces. Le traumatisme ne se loge pas uniquement dans la mémoire consciente. Il se loge dans les tensions musculaires, dans la façon de respirer, dans les réflexes de figement ou de fuite. Mais aussi dans la dissociation qui peut couper du ressenti corporel. Et parfois, pour atteindre ces traces-là, il faut passer par le corps lui-même.

C’est ce que proposent les thérapies corporelles et somatiques. C’est un ensemble d’approches qui placent le corps au cœur du travail thérapeutique, plutôt qu’en périphérie.

Le Somatic Experiencing

Le Somatic Experiencing

Développée par Peter Levine, cette approche est l’une des plus connues. Son point de départ est une observation sur les animaux. Car, dans la nature, un animal qui a subi un stress intense libère spontanément cette énergie par des tremblements, des secousses, du mouvement. Chez les humains, cette libération naturelle est souvent interrompue par la nécessité de « tenir », de ne pas montrer sa peur, de continuer à fonctionner. L’énergie reste alors bloquée dans le système nerveux. Le Somatic Experiencing aide à compléter ce cycle interrompu, à libérer progressivement l’énergie de stress qui est restée figée dans le corps.

Le travail se fait avec une grande attention aux sensations physiques, en restant dans une intensité tolérable, jamais submergée et avec des gestes très doux. De petits mouvements, des changements de posture, une attention à la respiration. L’idée n’est pas de revivre le trauma de façon intense, mais de laisser le corps trouver sa propre façon de le compléter et de s’en libérer.

D’autres approches somatiques, comme le yoga thérapeutique ou la danse-thérapie s’inscrivent dans cette même logique. Réapprendre au corps à se sentir en sécurité, à éprouver des sensations sans panique, à habiter l’espace physique de son existence avec moins de vigilance et plus de douceur.

Ces approches sont particulièrement précieuses pour les personnes qui ont développé une relation difficile à leur corps après un traumatisme et qui trouvent difficile d’accéder à la guérison par la seule voie de la parole ou de la pensée.

Et si on combinait toutes ces thérapies du trauma ?

Ce qui est important, et que j’ai appris autant dans ma propre reconstruction que dans mes lectures et mes accompagnements de Psychopraticienne, c’est que ces approches ne s’excluent pas. Elles sont souvent profondément complémentaires.

Un thérapeute peut très bien combiner de l’EMDR avec une attention somatique, en intégrant des ancres corporelles pendant le retraitement. Un travail en IFS peut préparer le terrain pour une thérapie EMDR, en stabilisant le système et en s’assurant que les parts protectrices permettent l’accès aux souvenirs. La pleine conscience peut enrichir une TCC en développant la capacité à observer ses pensées sans s’y perdre. Et le Somatic Experiencing peut compléter tout ce qui précède en travaillant les traces corporelles que les autres approches n’ont pas encore atteintes.

Ce qui compte, ce n’est pas de choisir la « bonne » méthode parmi toutes. C’est de trouver un accompagnement qui vous corresponde. Avec un(e) thérapeute formé(e) aux traumatismes, en qui vous avez suffisamment confiance pour oser explorer ce qui est difficile et de construire un chemin qui respecte votre rythme.

Comment choisir ?

Un mot sur la recherche d'un thérapeute du trauma

Je vais vous donner quelques repères, non pas pour décider à votre place, mais pour vous aider à vous orienter.

L’EMDR peut être particulièrement adaptée si vous avez des flashbacks, des reviviscences intenses, des réactions déclenchées par des stimuli spécifiques. Et si vous sentez que vous avez assez de stabilité pour aborder les souvenirs dans un cadre sécurisant. C’est une approche puissante, et elle demande une certaine préparation.

Les TCC centrées trauma peuvent être un bon point d’entrée si vous avez beaucoup de pensées négatives automatiques. Si vous vous êtes construit des comportements d’évitement qui limitent votre vie. Ou si vous aimez avoir des outils concrets et un cadre structuré à travailler entre les séances.

Les approches somatiques peuvent être précieuses si vous avez une relation difficile à votre corps. Si la parole seule ne semble pas atteindre quelque chose. Ou si vous traversez beaucoup de manifestations physiques de votre traumatisme, tensions, douleurs chroniques, dissociation, fatigue profonde.

Et bien sûr, l’IFS, la Compassionate Inquiry et la pleine conscience, dont je parle régulièrement sur ce blog, peuvent venir compléter et enrichir tout cela selon ce qui résonne le plus avec votre façon d’être.

Si vous cherchez un point de départ doux pour commencer à explorer votre paysage intérieur, avant même d’entrer dans une démarche thérapeutique formelle, le Journal de reconstruction : 7 jours pour se reconnecter à soi-même peut vous y aider. A votre rythme, sans pression.

Un mot sur la recherche d'un thérapeute du trauma

Trouver un(e) professionnel(e) formé(e) aux traumatismes peut prendre du temps et c’est normal. Toutes les personnes formées à une approche n’ont pas la même expérience du trauma complexe d’enfance. Il peut être utile, lors d’un premier contact, de poser quelques questions simples : avez-vous une formation spécifique aux traumatismes ? Avez-vous l’habitude d’accompagner des adultes porteurs de traumatismes d’enfance ? Quelle approche utilisez-vous principalement ?

Un bon thérapeute pour les traumatismes vous permettra de travailler à un rythme tolérable, jamais submergé(e) et sera attentif à votre état à chaque séance. La sécurité, dans ce travail, n’est pas un luxe. C’est la condition de la guérison.

Vous souhaitez être accompagné dans le choix d’une approche thérapeutique, ou me poser des questions en lien avec votre propre parcours ?

N’hésitez pas à me contacter ou prendre rendez-vous !

Un petit mot pour finir

La guérison des traumatismes d’enfance n’est pas un chemin droit. Elle est faite d’approches différentes, de thérapeutes différents, de périodes d’avancée et de moments de plateau. Et c’est normal ! Parce que ce que vous portez s’est construit sur des années, parfois sur des décennies, et ne se défait pas en quelques séances.

Mais ce que je veux vous laisser, c’est une certitude que j’ai acquise à travers ma propre reconstruction et à travers ce que je lis, ce que j’apprends, et ce que je vois chez les personnes que j’accompagne : les outils existent. L’accompagnement existe. Et la guérison, pas l’effacement, pas l’oubli, mais la transformation réelle du rapport à soi-même et à sa propre histoire, est possible.

Vous n’avez pas à tout porter seul(e). Et vous n’avez pas à trouver le chemin parfait du premier coup. Il suffit de commencer. Un pas. Une question. Un premier rendez-vous. C’est déjà beaucoup.

💜✨ Avec toute ma bienveillance,

Solweig Ely 🎀 💌

Journal d'écriture pour se reconstruire après une dépression ou un traumatisme

Recevez gratuitement mon Journal de reconstruction :

7 jours pour se reconnecter à soi-même

Un condensé de conseils et de petits exercices pour amorcer le changement.

Partager sur les réseaux sociaux

Laisser votre commentaire ici

S’abonner
Notification pour
guest
0 Commentaires
Commentaires en ligne
Afficher tous les commentaires

Un guide gratuit pour comprendre vers où aller

Recevez gratuitement mon Journal de reconstruction :

7 jours pour se reconnecter à soi-même

Un condensé de conseils et de petits exercices pour amorcer le changement.

Recevez gratuitement mon Journal de reconstruction :

7 jours pour se reconnecter à soi-même

Un condensé de conseils et de petits exercices pour amorcer le changement.

Retour en haut
Journal d'écriture pour se reconstruire après une dépression ou un traumatisme

Recevez gratuitement mon Journal de reconstruction :

7 jours pour se reconnecter à soi-même

Un condensé de conseils et de petits exercices pour amorcer le changement.

Le Kit d’urgence émotionnelle vous accompagne avec des outils concrets pour apaiser le stress, la panique et les émotions intenses

Quand “ça monte trop”…

ne restez pas seul(e) 

Retrouvez un pont d’appui, toujours disponible, grâce au

Kit d’urgence émotionnelle.

Des outils pour vous aider à apaiser l’angoisse, calmer les vagues émotionnelles et retrouver un peu de sécurité intérieure.

🎧 Audios guidés
🌿 Exercices d’ancrage
💜 Plan SOS émotionnel

Un condensé de conseils et de petits exercices pour amorcer le changement.