Un été de traumatisé – Et si je ne partais pas ? Le droit de ne pas aimer les vacances et comment surmonter la vacanxiété

Un été de traumatisé - Et si je ne partais pas ? Le droit de ne pas aimer les vacances et comment surmonter la vacanxiété

Bienvenue sur Chemins de vies ! Je suis ravie de vous accueillir dans cet espace pour se reconstruire après un traumatisme. Pour vous remercier de votre visite, je vous offre le journal de reconstruction

Un article à contre-courant… Parce que parfois, rester est la décision la plus courageuse qu'on puisse prendre

Chaque année, à la même période, la même question revient. Posée par les collègues, la famille, les amis, les réseaux sociaux : Vous partez où, cet été ? Et si la réponse honnête était nulle part ! Il y a une pression estivale très particulière dans notre société. Il faudrait aimer juillet et août, vouloir du soleil, accepter les invitations, publier des images légères, répondre avec enthousiasme. Ce phénomène a même un nom dans la presse récente : la vacanxiété. Cette angoisse mêlée de culpabilité, de stress organisationnel et d’obligation sociale de paraître heureux.

Pour une personne portant un traumatisme, cette injonction peut devenir une pression de plus sur un système nerveux qui n’en avait vraiment pas besoin.

Cet article est là pour dire une chose simple, et pour la dire clairement : ne pas partir n’est pas un échec. Pour certaines personnes, en certaines périodes, c’est une décision de protection, de lucidité, et même de loyauté envers « soi-m’aime ».

Ce que l'été fait vraiment à un système traumatisé

Ce que l'été fait vraiment à un système traumatisé

Le stress post-traumatique se manifeste de façons que l’on oublie parfois d’associer à la saison : pensées intrusives, cauchemars, hypervigilance, évitement, difficultés à dormir, irritabilité, et parfois un sentiment de déconnexion de soi ou du monde. Ce sont des symptômes réels, documentés, reconnus par les instances de santé internationales, pas des caprices ou des fragilités passagères.

Or l’été concentre précisément plusieurs facteurs qui peuvent aggraver ces symptômes : la rupture des routines, la surexposition au bruit, aux corps, à la promiscuité, à la chaleur, parfois à la famille. La chaleur elle-même a un impact documenté sur le sommeil et sur la stabilité psychique, je l’explique dans mon article « 

Ajoutez à cela l’éloignement possible des appuis habituels (thérapeute, lieu familier, rituels quotidiens…)  et vous avez une combinaison qui peut transformer ce qui était censé être un repos en une période d’exposition intense.

Ce n’est pas une exagération. C’est une réalité physiologique et psychique.

Non, tout le monde ne part pas en été

Avant d’aller plus loin, un fait utile à entendre : en France, une part importante de la population ne quitte pas son domicile pour plusieurs nuits consécutives chaque été. Ce peut être pour des raisons financières, logistiques ou psychologiques. La pression à partir est une construction sociale, pas un reflet de ce que les gens vivent vraiment.

Vous n’êtes pas seul(e) à rester. Vous n’êtes pas à part. Et votre été a autant de valeur que celui des gens qui publient des photos de plage.

Ce que ne pas partir peut vraiment vouloir dire

Ce que ne pas partir peut vraiment vouloir dire

Il y a deux façons de ne pas partir. La première, c’est de rester parce qu’on subit… Parce que la peur est trop grande. Parce qu’on s’est laissé envahir ou parce qu’on n’a pas pu décider autrement. La seconde, c’est de choisir de rester… Parce qu’on s’est écouté(e), parce qu’on a évalué honnêtement ses ressources, parce qu’on a reconnu que son organisme avait besoin d’autre chose.

Ces deux situations ne se ressemblent pas. Et ce que cet article cherche à faire, c’est vous aider à passer de la première à la seconde, si c’est là où vous en êtes.

Imaginez Claire : elle accepte une semaine en maison de famille pour faire plaisir. Dès le deuxième jour, elle dort mal, sursaute, évite les repas, pleure dans la salle de bain, et s’en veut de gâcher l’ambiance. Son vrai besoin n’était pas la mer. C’était la prévisibilité, le calme, et le droit de partir plus tôt.

Imaginez Nora : elle décide de ne pas partir du tout. Mais elle s’offre trois journées locales très cadrées. Un parc le matin tôt, un déjeuner avec une amie de confiance, des après-midis à elle. Ce n’est pas moins valable. C’est parfois plus juste.

Le consentement à soi commence souvent là : reconnaître qu’un non intérieur vaut autant qu’un billet de train.

Neuf repères pour un été qui ne vous trahit pas

Neuf repères pour un été qui ne vous trahit pas

Voici quelques clés pour vous aider à passer de « subir de partir » à « choisir de rester » :

Demandez-vous d'abord si vous en avez envie, ou si vous vous sentez obligé(e)

La première boussole n’est pas l’idéalisme des vacances, mais votre niveau réel de sécurité intérieure. Si l’idée de partir déclenche surtout tension, confusion ou épuisement anticipé, cette information compte.

Évaluez votre sécurité, pas seulement votre disponibilité

Le bon critère n’est pas ai-je des congés ? mais serai-je plus en sécurité là-bas qu’ici ? La sécurité peut être matérielle, relationnelle, sensorielle ou émotionnelle.

Raccourcissez sans culpabiliser

Partir moins longtemps, plus près, ou avec une porte de sortie claire, peut être une stratégie intelligente. Un séjour plus court et habitable vaut mieux qu’un grand voyage vécu en état d’alerte permanente.

Préservez vos routines vitales

Sommeil, repas, traitements, moments seuls, marche quotidienne, appel à une personne repère : ce sont des appuis du système nerveux, pas des lubies. Les troubles du sommeil font partie du tableau clinique du PTSD, et la chaleur peut les aggraver encore.

Choisissez vos compagnons comme on choisit un lieu sûr

Le soutien social est un facteur protecteur réel dans l’évolution post-traumatique. À l’inverse, partir avec des personnes qui minimisent vos besoins ou qui réactivent d’anciennes blessures peut majorer la détresse plus qu’elle ne l’apaise.

Formulez vos limites avant d'être débordé(e)

« Je ne reste pas tard… J’ai besoin d’une chambre seule… Je ne viens pas à toutes les sorties… Si je me sens mal, je rentre… » Une limite dite tôt coûte souvent beaucoup moins cher qu’une crise masquée. Si vous cherchez des repères pour formuler ces limites avec les personnes proches, l’article Cet été, je ne me trahirai pas : poser ses limites en famille peut vous aider.

Préparez une phrase simple pour l'entourage

Par exemple : Cette année, j’ai besoin d’un été plus calme. Ou : Je ne suis pas en état de faire de grandes vacances, mais j’aimerais vous voir autrement. Vous n’avez pas à livrer toute votre histoire pour justifier une frontière.

Préparez un plan SOS émotionnel.

Deux personnes à contacter, des objets d’ancrage, une musique, une phrase de retour au présent, un lieu refuge. Le Kit d’urgence émotionnelle a été créé précisément pour cela. Vous y trouverez :

📒 Un guide clair et concret à garder près de soi,

✒️ Des exercices courts pour les moments où ça déborde vraiment,

🎧 Des audios guidés pour se laisser porter sans avoir à décider quoi faire,

🧭 Une boussole simple pour savoir quel outil utiliser selon l’intensité du moment,

​📩​ Des messages prêts à envoyer quand les mots ne viennent pas,

🆘 Un plan SOS à compléter à l’avance pour ne pas avoir à chercher au mauvais moment.

Et comme les étés se suivent mais ne se ressemblent pas, ce Kit est amené à évoluer avec des mises à jour, de nouveaux exercices et audios, pour grandir avec vous tout au long de votre chemin.

Ce qu'il vaut mieux faire, et éviter

Permettez-vous un été moins spectaculaire mais plus vrai. Prévenez une personne de confiance de ce dont vous avez besoin. Préservez le sommeil comme une priorité. Gardez au moins quelques routines qui vous ancrent. Préparez un plan de sortie pour les situations difficiles. Nommez vos limites avant le débordement. Et cherchez du soutien si les symptômes s’intensifient, pas après que vous soyez complètement submergé(e).

 

À l’inverse, évitez de vous forcer uniquement pour rassurer les autres. De voir trop grand pour vous prouver quelque chose. De banaliser des signes d’alerte importants. De couper tous vos appuis d’un seul coup au prétexte que c’est les vacances. Et d’utiliser l’alcool ou d’autres substances pour tenir. Une stratégie qui peut donner une illusion de soulagement à court terme, mais qui aggravent les symptômes à plus long terme.

Si vous avez besoin de parler, de vous sentir épaulé(e) ou seulement un peu moins seul(e) pendant ces vacances, je reste disponible. Vous pouvez me contacter ou prendre rendez-vous directement via

le formulaire de contact de Chemins de Vies.

Choisir sa forme d'été

Il n’y a pas une seule bonne façon de vivre l’été quand on porte un traumatisme. Ce qui compte, c’est de choisir la forme la plus compatible avec votre état du moment. Et non celle qui correspond à l’image que vous voudriez projeter.

Partir peut aider si le lieu est sûr, la compagnie fiable, et la logistique simple. La question à se poser honnêtement : est-ce que je me sentirai plus au repos là-bas qu’à la maison ?

Partir moins peut être la voie juste si vous avez besoin d’air sans rupture brutale. La question : quelle version plus courte me respecterait davantage ?

Ne pas partir peut être la meilleure décision si rester protège votre sommeil, vos limites et votre stabilité. La question alors n’est pas pourquoi je ne pars pas, mais comment transformer ce choix en vrai soin de moi ?

Ne pas partir n'est pas forcément renoncer à l'été

Un mot pour finir

Ne pas partir n’est pas forcément renoncer à l’été. Cela peut être, au contraire, la première façon de vous dire oui.

L’été idéal n’est pas celui que les algorithmes montrent. C’est celui qui vous laisse, au bout du compte, un peu plus entier(ère) qu’au début. Un peu plus reconnu(e) par vous-même. Un peu moins épuisé(e) d’avoir fait semblant.

Et ça, ça peut très bien se passer à la maison, dans votre quartier, dans le calme d’une routine préservée, avec une personne de confiance et un café chaud le matin, sans billet d’avion ni photo de coucher de soleil.

Votre été a de la valeur, quelle que soit la forme qu’il prend.

Avec douceur et bienveillance 💛 🌞

Solweig 💜✨

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1 Commentaire
Sophie MORTH
Sophie MORTH
7 heures il y a

C’est toujours surprenant les hasards qui font qu’on tombe sur un livre, un article qui fait écho à votre situation du moment. Cet été j’ai décidé de m’écouter pour la première fois de ma vie d’adulte. J’ai refusé de partir dans cette maison de famille que je n’apprécie pas mais dans laquelle je me suis toujours forcée à aller pour « faire plaisir »… J’y ai envoyé mes enfants (grand ado et jeune adulte) qui avaient plaisir à y aller avec mes parents et moi je suis restée en arrière. Je suis partie 10 jours seule ailleurs et je me suis respectée : rythme, compagnie, activités. Je me suis offert du temps pour moi. Et qu’est-ce que ça fait du bien !

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