La Compassionate Inquiry pour se reconstruire après un traumatisme

L’approche Compassionate Inquiry pour se reconstruire après un traumatisme

Bienvenue sur Chemins de vies ! Je suis ravie de vous accueillir dans cet espace pour se reconstruire après un traumatisme. Pour vous remercier de votre visite, je vous offre le journal de reconstruction

La Compassionate Inquiry (que l’on peut traduire par « investigation compatissante ») est une autre approche thérapeutique innovante, développée par le Dr Gabor Maté. Ce médecin et auteur, dont je vous parle dans l’article « Gabor Maté : un parcours inspirant et une nouvelle compréhension du traumatisme », est reconnu pour son travail sur les traumatismes, les addictions et la connexion corps-esprit.

La Compassionate Inquiry (CI) est une méthode profondément humaniste et holistique, ancrée dans la compréhension des traumas, des schémas inconscients et de l’interconnexion entre le corps et l’esprit. Comme son nom l’indique, elle mise sur une exploration intérieure menée avec compassion : il s’agit de « s’enquérir avec bienveillance » de la réalité interne du patient, pour en révéler les dynamiques cachées et favoriser la guérison.

En pratique, le Compassionate Inquiry invite la personne et le thérapeute à explorer ensemble les expériences passées et les schémas inconscients qui sous-tendent la souffrance présente. Le thérapeute utilise une écoute empathique profonde et un questionnement ouvert pour dévoiler les croyances limitantes et les blessures émotionnelles cachées sous les symptômes apparents.

L’idée est que nos comportements actuels, nos réactions émotionnelles disproportionnées ou nos blocages trouvent souvent leur origine dans des conclusions inconscientes tirées d’événements de l’enfance. En amenant doucement ces éléments à la conscience, on peut s’en libérer.

Les principes-clés du Compassionate Inquiry :

Les principes-clés de la Compassionate Inquiry

Révéler les schémas inconscients

Le thérapeute aide l’individu à mettre en lumière les dynamiques cachées qui dirigent sa vie sans qu’il le réalise pleinement. En effet, nous portons depuis l’enfance des histoires internes sur nous-mêmes et le monde (par exemple : « je dois être parfait pour être aimé », « les autres vont forcément me blesser », etc.) qui influencent nos émotions et nos comportements d’adulte. En explorant avec bienveillance ces mécanismes sous-jacents, le patient accède à une compréhension plus profonde de son histoire et peut amorcer un processus de guérison authentique et durable.

Offrir un espace sécurisé et compassionnel

Un des fondements essentiels de la méthode est la création, par le thérapeute, d’un espace sûr et bienveillant pour le patient. Il est en effet crucial que la personne se sente suffisamment en confiance, sans crainte du jugement ou du rejet, afin d’oser explorer son monde intérieur. Le thérapeute adopte donc une posture chaleureuse, accueillante et patiente. Ce n’est que dans ce cadre sécurisé que l’individu peut partir à la rencontre de ses parts enfouies, avec curiosité et compassion. En dissipant la peur d’être à nouveau blessé (par un jugement négatif, par exemple), on permet à d’anciennes émotions de refaire surface pour être traitées.

Ancrage dans le moment présent (pleine conscience)

La Compassionate Inquiry intègre des éléments de méditation de pleine conscience. Le thérapeute encourage le patient à observer en temps réel ce qu’il ressent, les pensées, les émotions, les sensations corporelles, au fur et à mesure qu’elles surgissent. S’ancrer ainsi dans l’instant présent aide à prendre du recul par rapport aux réponses automatiques conditionnées par le passé. Plutôt que de réagir aveuglément selon ses schémas anciens, la personne apprend à noter ce qui se passe en elle, ici et maintenant, avec une certaine distance. Cette pratique de présence attentive permet de court-circuiter les réactions conditionnées et d’ouvrir un espace de liberté intérieure où un nouveau choix est possible.

Connexion corps-esprit (dimension somatique)

La CI accorde une grande importance à la dimension corporelle des traumatismes. Les émotions refoulées s’impriment souvent dans le corps (tensions chroniques, douleurs inexpliquées, maladies auto-immunes, etc.). Il s’agit donc d’apprendre à écouter ses ressentis physiques pendant la thérapie, au même titre que ses pensées. Le thérapeute invite le patient à prêter attention aux endroits du corps contractés, aux changements de respiration, aux inconforts, car ces signaux somatiques sont autant de portes d’entrée vers l’émotion cachée. En reliant ainsi l’émotion au corps (par exemple : réaliser que chaque fois que je parle de tel souvenir, mon estomac se noue), le patient peut progressivement libérer les tensions accumulées et restaurer un équilibre émotionnel plus stable.

La thérapie du traumatisme en Compassionnate Inquiry

La thérapie du traumatisme en Compassionnate Inquiry

Le déroulement d’une thérapie en Compassionate Inquiry est adapté à chaque personne, mais suit généralement ces grands principes. Concrètement, le thérapeute va poser des questions ouvertes et accompagner le patient dans une sorte d’auto-enquête guidée. Par exemple, face à une réaction émotionnelle excessive dans le présent, il pourra demander : « Que ressentez-vous dans votre corps à cet instant ? Quelle image ou quel souvenir ancien cela évoque-t-il en vous ? Quelle pensée automatique traverse votre esprit quand cette émotion surgit ? ». Ces questions, posées avec douceur, aident la personne à remonter le fil de son expérience intérieure.

Peu à peu, elle apprend à observer ce qui se passe en elle-même avec lucidité et bienveillance. Elle peut prendre conscience de son dialogue intérieur. Comme ces petites phrases automatiques et souvent dures qui tournent en boucle dans la tête. Mais aussi, ses croyances implicites sur elle-même et les autres. Le thérapeute l’aide à identifier les schémas de pensée récurrents, souvent hérités de l’enfance, qui influencent ses émotions actuelles. Par exemple, quelqu’un qui se sent systématiquement rejeté dans ses relations peut découvrir que cela repose sur une croyance du type : « Je ne suis pas digne d’amour », forgée par des expériences précoces de manque affectif, une des 5 blessures émotionnelles jamais soignée.

En retraçant ainsi l’histoire personnelle, on comprend comment certaines expériences ont conditionné une vision erronée de nous-même et du monde. Une vision que l’on continue d’appliquer malgré nous dans notre vie présente.

L’auto exploration compatissante comme chemin de guérison

Une fois ces prises de conscience amorcées, l’approche Compassionate Inquiry pousse l’exploration plus loin en invitant à revisiter les traumatismes non résolus. Avec le soutien du thérapeute, la personne va plonger en elle pour aller à la rencontre des émotions enfouies et des blessures anciennes qui n’ont jamais pu être pleinement ressenties ni digérées.

Cela ne signifie pas revivre le traumatisme de façon brute, mais plutôt accueillir les émotions refoulées associées à ces souvenirs, sans jugement ni minimisation. Le thérapeute veille tout particulièrement à maintenir un cadre sécurisant durant ce travail : c’est fondamental. Il s’assure que le patient dispose de ressources d’apaisement à tout moment (respiration, ancrage présent, regard bienveillant du thérapeute) afin de ne pas se laisser déborder par l’angoisse. Des techniques de régulation, comme des exercices de respiration, de visualisation ou de méditation guidée, sont utilisées pour favoriser cet ancrage dans le présent et réduire l’activation émotionnelle lors de la réévocation des blessures.

L’auto-compassion envers ses parts blessées

Au fil de ces séances, quelque chose de profondément thérapeutique se produit : le patient, accompagné du thérapeute, parvient à établir un lien compassionnel avec ses parts blessées (ici, on retrouve un principe proche de celui de l’IFS de Richard Schartz). Plutôt que de fuir ou combattre sa douleur intérieure, il apprend à l’écouter et à la comprendre. La souffrance a moins de prise lorsqu’elle est accueillie avec compassion. Ce changement d’attitude vis-à-vis de soi est le socle d’une guérison durable.

Le dernier volet, et non des moindres, de Compassionate Inquiry consiste à développer la compassion envers soi-même. En effet, souvent les personnes traumatisées entretiennent un dialogue intérieur très dur et critique (« Tu es faible, tu n’y arriveras jamais, c’est de ta faute… »). Le thérapeute va donc encourager le patient à remplacer ce discours autocritique par un discours bienveillant. Il s’agit d’apprendre à se parler comme on parlerait à un ami cher : avec empathie, respect et douceur. Des exercices concrets peuvent aider. Par exemple tenir un journal d’auto-empathie, pratiquer des affirmations positives chaque jour (se répéter des phrases de valorisation de soi), ou s’inspirer des techniques issues des Thérapies d’Acceptation et d’Engagement (ACT) pour cultiver l’acceptation de soi. À force d’entraînement, la voix bienveillante intérieure gagne en volume tandis que la voix jugeante perd de son pouvoir.

Cultiver l’amour de soi

En cultivant cette véritable auto-compassion, la personne renforce peu à peu un sentiment de sécurité intérieure qui lui a peut-être toujours fait défaut. Elle peut alors traverser les défis de la vie avec un ancrage émotionnel beaucoup plus solide. Là où avant la moindre contrariété réveillait de vieilles blessures à vif, désormais elle dispose d’un “tampon” de compassion et de compréhension qui lui permet de réagir de manière plus apaisée. Le but ultime du Compassionate Inquiry est en effet la transformation du rapport à soi : passer d’une relation interne marquée par la honte, la peur ou le dénigrement (hérités du trauma) à une relation de soutien, de compréhension et d’amour envers soi-même.

Guérir d’un traumatisme avec la Compassionate Inquiry

Guérir d’un traumatisme avec la Compassionate Inquiry

En résumé, le Compassionate Inquiry engage le patient dans une véritable redécouverte de soi, en alliant compréhension intellectuelle et guérison émotionnelle. Cette méthode thérapeutique novatrice, je l’ai pratiquée en tant que patiente et sa douceur autant que son résultat impressionnant sur mon chemin de reconstruction m’ont donné envie de m’y former en tant que Psychopraticienne.

Car, c’est une pratique qui ouvre la voie à une transformation intérieure profonde grâce à trois leviers essentiels : dévoiler les schémas inconscients, explorer les blessures d’enfance et cultiver l’auto-compassion. En éclairant ce qui était jusqu’alors inconscient, en libérant les émotions piégées dans le corps et en apprenant à s’aimer, il est réellement possible de se libérer du passé qui nous hantait.

Le Dr Gabor Maté et ses collègues rapportent que cette approche aide non seulement à soigner les traumas psychiques, mais qu’elle peut également avoir des effets positifs sur des problèmes tels que les addictions (en traitant la souffrance sous-jacente qui alimentait le besoin de substance). Ou même certaines maladies chroniques influencées par le stress et les émotions refoulées. La Compassionate Inquiry rejoint ainsi d’autres approches contemporaines (comme l’IFS dont je suis aussi une fervente adepte) en soulignant le pouvoir de l’écoute intérieure et de la compassion pour guérir les blessures profondes.

Vous voulez tester cette approche lors d’un rendez-vous individuel ?

Avec toute ma compassion, 💜✨

Solweig Ely 🎀 💌

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